Alonso, la rage au ventre

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Alonso, la rage au ventre
 

Formule 1 GP d'Europe 

Alonso, la rage au ventre

 

Fernando Alonso (McLaren) a passé Felipe Massa (Ferrari) dans les derniers tours du GP d'Europe pour l'emporter dimanche, au Nürburgring. La pluie a semé la panique dans le peloton et la course a été stoppée au 4e tour. Räikkönen (Ferrari) a abandonné, Hamilton (McLaren) a fini 9e.

 

Deux points, c'est désormais le reliquat qui sépare Fernando Alonso de Lewis Hamilton, leader du championnat du monde et grand déçu du Grand Prix d'Europe, 10e manche de la saison. Dimanche, le Nürburgring a probablement rendu à l'Espagnol ce que Budapest lui avait refusé l'an dernier : une victoire aux allures de triomphe pour ce funambule racé mué à l'envi en prédateur.

Les prévisionnistes avaient annoncé la couleur du ciel avant le départ, et dès le 1er des 60 tours une pluie aussi soudaine que nourrie a placé les 22 acteurs en situation de précarité extrême, transformés en héros par leur capacité à rester sur la piste, ou plus simplement en pilotes d'exception par leur courage dans l'aveuglement des gerbes d'eau.

En quelques secondes seulement, une indescriptible pagaille s'est emparée du peloton, emportant loin des limites Jenson Button (Honda), Lewis Hamilton (McLaren), Vitantonio Liuzzi (Toro Rosso), Adrian Sutil (Spyker) ou encore Nico Rosberg (Williams), tous dangereusement empilés dans le bac à sable du virage 1, au milieu de tracteurs...

C'est d'ailleurs l'un d'eux qui, fait très surprenant, a remis la McLaren de l'Anglais en piste. A la grande satisfaction des pontes de Mercedes et sous les applaudissements du stand McLaren. Il y a quelques années, les commissaires du Nürburgring avaient fait jaser en aidant le local Michael Schumacher à extraire sa Ferrari de la proie des graviers...

Winkelhock en tête de son premier grand prix

Autorisé à prendre le départ, Hamilton s'est servi de ce joker miraculeux pour tailler la route avec talent jusqu'à la 9e place finale - la première non primée-, au prix d'un dépassement sublime sur Giancarlo Fisichella (Renault), à l'extérieur, dans la remontée vers la chicane. L'Anglais a cependant raté le coche. Profitant du règlement au restart (la course interrompue au 4e tour pour raison de sécurité) pour récupérer son tour de retard, il a manqué le pari des "slick", avant tout le monde. Pendant deux tours, il a vu le peloton défiler, en gommes "intermédiaire", et de nouveau encaissé un tour.

Cette course décidemment folle a aussi vu Kimi Räikkönen (Ferrari) obliquer au dernier moment vers la voie des stands pour aller chausser des pneus "maxi pluie"... avant de perdre le contrôle de sa Ferrari et d'être rejeté en piste pour un tour supplémentaire, quand tous ses suivants rejoignaient leurs mécaniciens. Au passage, ce désordre a fait le bonheur du débutant allemand Markus Winkelhock (Spyker), parti en "maxi pluie" et propulsé leader pour son premier grand prix !

Alonso désigne Massa

Après 23 minutes d'interruption, un ciel redevenu étonnement radieux a déroulé un scenario apaisé, avec un Massa ouvrant la piste devant Alonso et Räikkönen. On croyait le trio définitivement agencé jusqu'à la panne hydraulique qui a stoppé la Ferrari du Finlandais (35e tour), maudit dans l'Eifel aussi bien en gris qu'en rouge. Voilà comment Mark Webber (Red Bull) a eu les honneurs du podium.

Tout était chaos dans cette course et le final n'y a pas échappé, ajoutant un parfum d'exception pendant huit ultimes pluvieuses rotations. Particulièrement à l'aise dans ces conditions, Alonso a fondu sur Massa, varié ses trajectoires affâmées pour créer l'ouverture. La passe d'armes laissa des traces sur le ponton gauche de la McLaren, que l'Ibère très remonté n'a pas manqué de montrer du doigt à sa descente de voiture.

Sa colère rentrée était intacte lorsqu'il a rejoint Massa pour se préparer à la cérémonie du podium. Et c'est avec dédain qu'il a rejeté les tentatives de conciliation du Brésilien, battu mais qui reste l'autre gagnant de la journée. Ses 8 points le replacent à 11 points d'Hamilton au championnat et il a peut-être gagné une position de leader de la Scuderia.

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Publié dans SAISON 2007

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