Dassas : "Des progrès, bientôt"

Publié le par gegemag formula one

GéGémag.Formula Onel'Univers de la Formule1

AD : "Des progrès bientôt"
 

Formule 1 GP de Grande Bretagne 

Dassas : "Des progrès, bientôt"

 

2007, 2008, Alonso, Nissan en F1, règlement 2011, etc... : le P-DG de Renault F1 Team, Alain Dassas, fait le point sur tous ces sujets.

 

Trente ans après, vous souvenez-vous de ce 16 juillet 1977, lorsque Renault a débuté en F1, à Silverstone ?

Alain Dassas : J'étais aux Etats-Unis, je travaillais à la Chase Bank. Je ne me souviens pas si c'était déjà le cas à cette époque, mais j'avais un grand client automobile qui s'appelait Renault, qui est devenu notre principal client. Je suivais l'aventure de la Formule 1 et au sein de la banque, nous étions très motivés par cet engagement en compétition.

Renault faisait le pari du Turbo, et au début des années 2000 le V10 à 110° a justifié le retour en F1. Mais aujourd'hui, il y a moins de place pour l'innovation : beaucoup de paramètres moteur sont figés, on ne parle plus que d'aéro...

A.D. : Un grand nombre de paramètres sont fixes mais la notion de fiabilité reste et le challenge est d'optimiser en fonction des règles. On joue sur la qualité des pièces, les taux de réponse du moteur, etc... C'est vrai que l'on parle beaucoup d'aéro, et Max Mosley pointe ce secteur en ce moment. On parle beaucoup de 2011. Ce qui nous intéresse, c'est rapprocher les techniques moteur très spécifiques de la F1 de celles de la grande série. La stabilité des règles actuelles nous procure une respiration financière et intellectuelle mais ça ne durera pas.

Etes-vous satisfait de l'impact de la F1 sur l'image de Renault ? Il a été question un moment d'un engagement de Nissan, plus connue que Renault sur certains territoires...

A.D. : Nissan est une entreprise autonome et ils ont regardé avec nous comment participer. Nous nous sommes posés des questions du style "Fait-on une voiture commune ?", "Fait-on deux équipes ?" Nissan et Renault ont deux images et deux politiques "produit" différentes, ils seraient donc sans doute venus en F1 avec leur propre équipe, nommée "Nissan", tout en partageant des choses avec nous. Je précise que rien n'a été décidé : le projet n'a pas été rejeté. Mais si ça se fait, ce ne sera pas dans l'immédiat. C'est à l'étude.

Nissan vous donnerait un levier politique supplémentaire dans le paddock...

A.D. : Oui, comme Red Bull actuellement. C'est vrai que le levier politique a intérêt d'être fort car nous avons en face de nous le président de la FIA, Max Mosley, qui a aussi beaucoup de répondant. Nous avons un bon dialogue, toujours constructif, mais c'est un partenaire très dur car il a des idées bien arrêtées.

A votre arrivée chez Renault F1, début 2006, vous avez été surpris par le fonctionnement du milieu...

A.D. : Je venais de la finance et c'était un changement à 180° : la discrétion d'un côté, le show de l'autre. La F1 est un sport particulier. Ce sont quelques hommes avec de fortes personnalités qui font ce sport, qui décident ce que sera demain, et ce n'est pas courant. Au début, il y avait un petit groupe qui faisait la pluie et le beau temps, plutôt bien d'ailleurs, mais nous sommes dans une époque de "corporate governance" qui est en train de s'appliquer à la F1.

Renault a perdu son rôle de favori, et est devenue challenger...

A.D. : Oui, l'aérodynamique n'a pas été à la hauteur de nos espérances ni de nos calculs. Nous sommes quatrièmes, c'est un peu décevant, mais nous n'avons pas renoncé pour 2007. Résoudre tous nos problèmes est de toute façon essentiel pour faire une bonne saison 2008. J'espère que nous allons voir des progrès dès la Hongrie, sinon en Turquie. Ça se passe sur l'avant de la voiture...

Question pilotes, on a l'impression que Fisichella est un leader d'équipe challenger et seulement un N.2 pour un top team...

A.D. : Fisico est un très bon pilote dans certaines circonstances, comme vous dites. En ce moment, il se révèle assez motivé. Il a fait de très bonnes choses récemment, comme tenir tête à Alonso sur la fin du GP de France. Mais c'est trop tôt pour parler de 2008. Le spécialiste du recrutement est Flavio [Briatore] et nous en saurons plus fin août. Dans l'état actuel des choses, je pense que nous annoncerons nos pilotes aux alentours du dernier grand prix de la saison.

Flavio Briatore a signé un contrat de management personnel avec Nelsinho Piquet pour dix ans, ce n'est donc pas pour le laisser regarder les gp une seconde année de suite...

A.D. : Il y a plusieurs options : Piquet peut venir comme titulaire mais être aussi placé ailleurs pendant un ou deux ans.

Le marché est quand même bloqué pour 2008. Les bons volants sont rares...

A.D. : C'est plus dur cette année mais ce n'est pas impossible.

A propos de la rumeur partie d'Espagne le week-end dernier, est-il impossiblede voir Alonso ailleurs que chez McLaren en 2008 ?

A.D. : Je ne connais pas exactement son contrat, je crois qu'il est de trois ans. En Formule 1 tout est possible, mais le pouvoir du pilote sur sa mobilité est plus important que celui de l'écurie. Si Fernando a envie de bouger, c'est à lui d'aller voir Ron Dennis.

Vous n'avez pas appelé Alonso, vous ne vous êtes pas renseigné auprès de lui ?

A.D. : Non, ce n'est pas à nous de faire ça. Nous étudions les possibilités pour 2008 dans un environnement dont il sera peut-être partie prenante, mais nous n'en savons rien. Il n'y a que lui qui peut envoyer un signal. Si un pilote n'a plus envie de courir pour son écurie, ce n'est pas dans l'intérêt du team de le retenir.

Flavio Briatore a un contrat qui court jusqu'à fin 2008. Renault a un peu la peur de vide concernant l'après-Briatore...

A.D. : Flavio est suffisamment professionnel pour travailler avec nous sur sa succession. Je n'ai aucune idée sur l'échéance de sa succession, mais c'est vrai que l'on a réfléchi là-dessus. Le meilleur moyen de faire une succession avec une transition réussie, c'est que Flavio, Renault et le futur patron soient bien d'accord. Mais je le répète : ne présageons pas de ce qui va se passer après 2008.

La question n'est pas forcément liée à la précédente, mais comment voyez-vous la réussite de Frédéric Vasseur en F3 (ASM) et en GP2 (ART) ? Cette personne aura peut-être une vocation naturelle, un jour, à occuper un poste important dans une grande écurie de F1...

A.D. : Oui, ça paraît clair. Notez que le GP2 Series, dont Renault est un partenaire, ne sert pas qu'à révéler des pilotes.

BMW a fait des progrès spectaculaires en aéro grâce à un ordinateur qui fait partie des 500 plus puissants du monde, McLaren a entraîné Lewis Hamilton sur un simulateur high tech... Comment percevez-vous ces nouveaux outils très coûteux qui font la différence ?

A.D. : Nous contrôlons les coûts mais il faut être logique : si des investissements sont nécessaires en informatique, nous les ferons. Nous avons pensé depuis un an à ce que nous devions faire dans ce secteur. Je pense que nous pourrons annoncer bientôt des investissements sérieux. Guyancourt est un gros appui mais Enstone doit avoir ses propres moyens.

Le budget 2007 est-il bouclé ? L'aileron arrière est apparemment toujours en vente...

A.D. : Oui, le budget de cette année est bouclé et nous sommes très contents d'utiliser l'aileron arrière pour Renault. On voulait le vendre mais nous avons eu du mal à remplacer Telefonica, parti en même temps qu'Alonso.

En termes de communication, la F1 ne paraît pas au diapason de la voiture propre...

A.D. : Tous les constructeurs sont d'accord pour dire qu'il faut faire des progrès. Il y a plusieurs pistes pour améliorer l'environnement : les bio-carburants, la récupération d'énergie, dont le procédé ne doit pas coûter une fortune, et la consommation. Il est question pour 2011 d'une quantité maximum d'essence allouée et d'un moteur de petite cylindre (1.3 à 1.5 litres) et turbochargé. C'est une piste que nous aimerions voir se concrétiser.

Publicité

Publié dans SAISON 2007

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article