Hamilton, pole d'attraction
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Lewis Hamilton ne se contente plus d'accessits. Débutant collectionneur de podiums, un précédent de cinq en cinq courses jamais vu en championnat du monde, le jeune Anglais, 22 ans le 1er juillet, est passé à la vitesse supérieure samedi au Canada, où il a décroché la première pole position en Formule 1.
Le néophyte de McLaren l'a fait avec pragmatisme et détermination, en devançant dans les derniers instants son équipier Fernando Alonso, à la pointe de la grille de départ et victorieux en 2006. Pragmatisme car le surdoué a d'abord appris le Circuit Gilles-Villeneuve sur le simulateur dernier cri de McLaren, à Woking, avant de mettre les roues pour la première fois sur l'île Notre-Dame de Montréal. Pragmatisme encore car il s'est montré très agressif sur les bordures dès les essais matinaux, vendredi, tout en se gardant de flirter illico avec les murs bétonnés ou métallisés. Détermination enfin car il n'a cessé de hausser son niveau de pilotage et parfaire l'équilibre de sa MP4-22 pour finalement dépasser légèrement Fernando Alonso, lors du dernier entraînement.
Alonso craque
"Il fallait le faire, dans les dernières minutes, et je l'ai fait !", s'est exclamé le responsable de cette Hamiltonmania qui n'a sans doute pas encore atteint son paroxysme en Grande Bretagne... "Ce circuit est très difficile, techniquement, physiquement. Vendredi, j'avais eu bon en me tenant hors de portée des rails (rire) et j'avais vu ce qu'il fallait faire pour améliorer. En fin de séance d'essais libres 3, nous avions une voiture docile. Mais le plus important est qu'elle était constante dans tous les secteurs du circuit. A la fin (de la qualification 3), j'ai fait un tour propre. Je n'avais jamais été aussi rapide de tout le week-end !"
Voilà Fernando Alonso prévenu : l'équipier avec qui il partage la tête du championnat du monde (38 points tous les deux) a du répondant dans tous les compartiments du jeu. Battu de 0.45 sec, l'Espagnol prendra donc place à ses côtés dimanche à 19h00 françaises, sur la partie sale de la piste, même s'il estime minimal son déficit de grip.
Le double champion du monde l'a joué tactique lors de la dernière partie de la qualification, économisant son carburant. La FIA autorise en effet les dix meilleurs concurrents à compléter leurs réservoirs de la quantité d'essence brûlée lors de la Q3, en fonction d'une consommation forfaitaire égale à tous. Après la séance, il est ainsi possible d'obtenir une allocation légèrement supérieure au total consommé, et donc d'augmenter son autonomie lors du premier run... Il ne faudrait pas être surpris de voir l'Ibère faire un premier relais plus long que le Britannique dimanche. Mais en attendant, le fier d'Oviedo a bel et bien été dominé. Il a même craqué.
Kovalainen se crashe
"J'étais le plus rapide après deux secteurs mais je suis allé un peu large au virage 10 lors de ma dernière tentative, j'ai ramassé pas mal de gomme hors trajectoire, ce qui m'a coûté 0.3 sec ", a expliqué Alonso, dont les fautes dans le money time sont rarissimes. "A partir de là, il ne fallait rien tenter de déraisonnable dans la dernière chicane. Néanmoins, je garde une chance de gagner", a-t-il ajouté.
En 1ère ligne comme à Monaco, les McLaren ne seront pas sous la menace directe des Ferrari de Kimi Räikkönen et Felipe Massa, coiffée par la BMW de Nick Heidfeld. Et on peut dire que l'Allemand revient de loin. Lui-même ne donnait pas cher de ses chances de se retrouver à pareil fête le matin, après n'avoir fait qu'un tour chrono à cause d'un problème hydraulique. Il a aussi fait son chrono avec un volant tordu suite à un contact avec le mur final en Q2.
L'agencement du haut de grille cache une suite tout aussi réjouissante car Mark Webber, qualifié 6e au volant de sa Red Bull, poursuit une étonnante répartition des forces puisque pas moins de dix constructeurs sont représentés dans le Top 13.
Les binômes de pilotes dépareillés traduisent en fait des déceptions parfois cruelles, la plus notoire étant celle vécue par Hekki Kovalainen, victime d'une casse moteur en libres 3 (recul de 10 places sur la grille) et d'une faute de pilotage qui l'a conduit à casser sa Renault contre un mur au début de la Q1, ce qui a motivé une interruption de séance.
