Alonso à l'amende
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Ron Dennis va encore avoir du mal à dormir cette nuit. La réputation de son équipe, McLaren, était déjà mise en cause depuis plusieurs semaines pour son rôle dans l'affaire d'espionnage Coughlan/Stepney. Voilà que le fier patron anglais doit maintenant faire face à une contestation venue de l'intérieur... Comment, autrement, interpréter le geste rageur qu'il a montré en jetant ses écouteurs à l'instant même où Fernando Alonso venait de ravir la pole position du Grand Prix de Hongrie à Lewis Hamilton, samedi, sur le Hungaroring ?
Une sournoise manoeuvre de l'Espagnol serait à l'origine de l'ire du boss, à l'issue de la troisième partie de la qualification de la 10e manche du championnat du monde. Le double champion du monde était soupçonné par sa propre équipe d'avoir délibérément tergiversé, à deux minutes de la fermeture de la piste, avant de repartir de son stand pour attaquer son tour de lancement, et enchaîner sur une ultime tentative contre la pole. Il aurait donc ainsi imposé sciemment un timing plus contraignant à son équipier Lewis Hamilton, resté plusieurs secondes derrière la MP4-21 N.1, avant de chausser des pneus type "très tendre". Un timing finalement impossible puisque quatre secondes ont manqué au génie britannique pour effectuer sa prometteuse rotation.
Alonso n'aura obtenu la 17e pole position de sa carrière que quelques heures. Vers minuit, la nouvelle est tombée. L'Espagnol a finalement été déclassé pour avoir empêché le pilote britannique de boucler son dernier tour rapide en fin de qualifications. Le double champion du monde s'élancera finalement de la 3e ligne en sixième position.
Ferrari gâche les chances de Massa
"C'était le choix de l'équipe de me retenir" , avait affirmé Alonso après la Q3, inexplicablement immobile de longues secondes alors que le proposé à la "sucette" l'invitait à laisser la place à Hamilton. "Il dit qu'on lui a dit d'attendre... Il avait les quatre roues, les couvertures chauffantes étaient enlevées et on lui a dit d'attendre. Je ne suis pas fâché, simplement curieux d'entendre ses explications au debriefing", a réagi l'Anglais qui doit se frotter les mains. Son coéquipier Lewis Hamilton récupère donc la pole. Par ailleurs, la FIA a décidé que l'écurie McLaren-Mercedes ne marquerait aucun point au championnat des constructeurs à l'occasion de ce Grand-Prix de Hongrie, quels que soient les résultats de ses deux pilotes. Ces derniers pourront en revanche conserver leurs points au championnat des pilotes.
Cette séance a aussi laissé des traces chez Ferrari, qui a tout juste pu placer la F2007 de Kimi Räikkönen en 2e ligne, derrière la BMW de Nick Heidfeld, qui s'élancera finalement aux côtés de Lewis Hamilton. Felipe Massa n'a même pas disputé la Q3 suite à un problème de coordination chez les Rouges, qui ont laissé repartir le Brésilien de son emplacement, dans le money time de la Q2, avant de s'apercevoir qu'ils n'avaient pas rempli son réservoir ! Le temps perdu à aller chercher la voiture a fortement perturbé la dernière évolution du Sud-Américain, auteur d'approximations inhabituelles dans son effort.
Rosberg 4e !
Machiavélisme supposé chez McLaren, errance surprenante chez Ferrari, et parfum d'injustice chez Renault. En effet, Heikki Kovalainen a vite affirmé que Mark Webber (Red Bull) avait gaspillé son tour rapide en fin de Q2. L'enquête des commissaires n'a débouché sur aucune sanction mais le Finlandais en a assez des obstructions des Red Bull, motorisées par... Renault. A Monaco, déjà, le débutant du Losange avait été bloqué par David Coulthard.
Enfin, on remarquera la magnifique 4e place de Nico Rosberg, qui avait promis que sa Williams était taillée pour le tourniquet hongrois. L'Allemand a ainsi répété sa performance monégasque. Et puis, Toyota a confirmé son embellie du samedi en plaçant ses deux voitures dans le top 10, avec Ralf Schumacher 5e, et à qui il ne tient que d'accepter une réduction de salaire pour poursuivre l'aventure en 2008, et Jarno Trulli, 9e.
En deuxième partie de grille, on remarque que Vitantonio Liuzzi a gagné son premier match contre Sebastian Vettel, chez Toro Rosso. Le sort de l'Italien est de toute façon scellé. Faenza devrait annoncer mardi le recrutement de Sébastien Bourdais comme titulaire en 2008 et 2009, avec une option sur 2010.
