Des Français en Formule 1

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Des Français en Formule 1

 

Maurice Trintignant

Nationalité : Français
Né le : 30 octobre 1917
Décédé le  : 13 février 2005

Maurice Trintignant pilota en Formule 1 par intermittence sur 16 ans. Ayant fait ses débuts juste avant la Seconde Guerre mondiale, il échappa à la mort en 1948 dans un terrible accident durant le Grand Prix de Suisse - il resta dans le coma pendant huit jours. Il participa régulièrement au Championnat de 1950 à 1964, et il fallait toujours compter avec lui. Lorsqu'il remplaça Stirling Moss en 1962, il était encore assez alerte pour mener devant Jim Clark à Pau. Il arrêta la compétition en Formule 1 en 1964

 

 

 

Philippe Etancelin

Nationalité : Français
Né le : 02 septembre 1896
Décédé le : 13 octobre 1981

"Phi Phi" était l'un des pilotes de plus de cinquante ans qui se trouvaient sur la grille à Silverstone en 1950 pour le tout premier Championnat du monde. Célèbre pour sa casquette en toile portée à l'envers, il avait fait figure de héros pour Bugatti dans les années 30 et avait gagné les 24 heures du Mans pour Alfa Romeo en 1934. En 1950, il pilotait une ancienne Talbot-Lago, mais réussi cependant à arriver deux fois cinquième avant de se retirer du Championnat du monde en 1952. 

 

 

François Cevert

Nationalité : Français
Né le : 25 février 1944
Décédé le : 6 octobre 1973

Ce fut un cruel coup du destin quand ce talentueux français mourut au Grand Prix des États-Unis de 1973, car il s'apprêtait juste à remplir le rôle de Jackie Stewart comme chef de l'équipe Tyrrell et ainsi avait la possibilité de devenir le premier champion du monde français. Champion du monde français de Formule 3 en 1968, Cevert fut encouragé par Tecno à venir dans son équipe de Formule 2 et il termina troisième partout en 1969. Ken Tyrrell s'en empara pour 1970 en remplacement de Servoz-Gavin et le mit sous la tutelle de Stewart. François Cevert fut deux fois second en 1971 avant de gagner la dernière course de la saison à Watkins Glen, piste où il trouva ultérieurement la mort. Cela l'aida à prendre la troisième place au classement général derrière Jackie Stewart et Jacky Ickx de Ferrari. Par contre la saison, de 1972 ne fut pas un très grand succès, car il n'obtint que deux autres secondes places, mais pourtant il se rattrapa en terminant deuxième aux 24 heures du Mans. En 1973, il fut second six fois, trois fois derrière Stewart. Ensuite arriva cette terrible journée au nord de l'État de New-York où il sortit de la route en se tuant… 

 

Jean Pierre Beltoise

Nationalité : Français
Né en : 1937

Excellent comme motocycliste, Jean-Pierre Beltoise fit sa première course automobile en 1963 et, en fait, ses premières courses de voiture de sport lui coûtèrent presque une perte de mobilité de l'un de ses bras après un accident à Reims en 1964. Cependant, il remonta au créneau pour gagner le titre français de Formule 3 en 1965 pour Matra, en l'embellissant par une victoire dans la course de Formule 3 de Monaco en 1966 et, plusieurs mois plus tard, il fit ses débuts en Grand Prix, gagnant la classe de Formule 2 dans le Grand Prix d'Allemagne. Ce n'est qu'en 1968 qu'il eut la possibilité de courir un Grand Prix dans une voiture de Formule 1, de nouveau avec Matra. Cependant, cela se conclut par une cinquième place et on lui permit de continuer. Il dépassa ce résultat en se qualifiant second au Grand Prix des Pays-Bas. Sa progression se poursuivit jusqu'en 1969 et une autre seconde place l'aida à obtenir la cinquième place au classement général. Il resta chez Matra en 1970 et 1971, mais les choses tournèrent au vinaigre quand on le menaça de suspendre sa licence à la suite de la mort d'Ignazio Giunti, après un accident dans lequel Jean-Pierre était impliqué dans une course de voitures de sport en Argentine. Ensuite, en 1972, la chance lui sourit de nouveau - du moins à Monaco où il gagna dans des conditions torrentielles pour BRM. Cependant, ce fut sa seule victoire, et il disparut de la Formule 1 après deux autres saisons chez BRM.

 

Didier Pironi

Nationalité : Français
Né le : 26 mars 1952
Décédé le : 23 août 1987

Mû par le désir de devenir le premier champion du monde français, l'approche froide et calculatrice de Didier fut à jamais perturbée lorsqu'il s'écrasa avec extrême violence lors des essais du Grand Prix d'Allemagne, se brisant les deux jambes et mettant fin à sa carrière en course automobile. Une première année impressionnante avec Tyrrell en 1978, lorsque sa réputation fut soutenue par une victoire au Mans en Alpine Renault, suivie de temps très bons l'année suivante, fut à l'origine d'une course avec Ligier en 1980 où il distança sans problème le leader de l'équipe, Jacques Laffite. Didier remporta sa première victoire en Grand Prix en Belgique cette année-là, et ce fut par une malchance extrême qu'il ne remporta pas aussi la victoire en Grande-Bretagne, après une charge superbe sur la piste. Pour 1981, il rejoignit Gilles Villeneuve chez Ferrari et pour la première fois ne fut pas en bons termes avec un coéquipier. Une place de quatrième fut tout ce qu'il réussit à obtenir alors que le Franco Canadien remporta deux victoires. Didier était déterminé à ce que le même destin ne se reproduise pas en 1982, lorsqu'il se retrouva au centre d'une série d'événements tragiques. Allant à l'encontre des ordres de l'équipe, il vola la victoire à Villeneuve qui menait à Imola. Celui-ci trouva la mort à la course suivante et Didier semblait destiné à remporter le titre. Il remporta le Grand Prix des Pays-Bas dans un style dominateur et menait aisément dans le Championnat en arrivant à Hockenheim. Il subit un grave accident pendant les essais le laissant avec les jambes brisées. Après l'accident, Didier dut subir des dizaines d'opérations, et bien qu'il jurât d'effectuer un jour un retour, un futur en Formule 1 était de plus en plus improbable. Amateur de sensations fortes, Didier s'intéressa à la course de hors-bords. L'approche du Français était tout aussi absolue qu'à l'accoutumée et lorsqu'il entra dans le sillage d'un pétrolier sans réduire les gaz, son bateau se renversa et Didier ainsi que les deux personnes qui formaient son équipage furent tués sur le coup.

 

jacques Laffite

Nationalité : Français
Né le : 21 novembre 1943

Le sens de l'humour et l'espièglerie de Jacques ainsi que son formidable talent de pilote éclairèrent la scène du Grand Prix pendant plus de dix ans entre 1970 et 1980. Ayant gagné les titres français de Formule 4 et de Formule 2 au début des années 1970, Jacques fit ses débuts en Grand Prix pour l'écurie Williams en 1974. Il s'entendit bien avec son patron Franck Williams et il contribua à maintenir l'écurie au-dessus de l'eau en décrochant juste à temps une seconde place dans le Grand Prix d'Allemagne de 1975. L'année suivante, il rejoignit la nouvelle équipe de Ligier et leur développement respectif se fit dans de bonnes conditions, jusqu'à ce qu'il obtînt finalement un avant-goût de la victoire en 1979 quand l'équipe passa du moteur Matra V12 au Cosworth V8. Jacques et la nouvelle JS11 gagnèrent les deux premières courses de la saison, mais il ne gagna de nouveau qu'au milieu des années 1980. En 1981, le retour au moteur Matra permit à Jacques de marquer deux victoires et de s'annoncer comme challenger en fin de saison pour le Championnat du monde, mais après la terrible année de 1982, il partit piloter pour Williams en 1983 et 1984. Mais de façon générale, il était dépassé dans des voitures non compétitives par son coéquipier Keke Rosberg et il retourna chez Ligier en 1985. Les voitures étaient alors rapides et Jacques les exploita au maximum, montant de nombreuses fois sur le podium et menant brièvement le Grand Prix de Detroit en 1986. Malheureusement, il se cassa les jambes la même année lors d'un accident au départ du Grand Prix de Grande-Bretagne, ce qui mit un point final à sa carrière en Formule 1. Actuellement, il est commentateur de talent à la télévision.

 

Patrick Tambay

Nationalité : Français
Né le : 25 juin 1949

Patrick fut sous-estimé pendant des années. mais même lorsqu'il eut enfin la chance de faire partie d'une des meilleures équipes, il ne donna jamais les résultats que son talent promettait. Après des succès en Formule Renault et Formule 2, il fit ses débuts en Grand Prix avec Ensign, au moment où Gilles Villeneuve entrait chez McLaren. Villeneuve allait devenir un ami proche, et McLaren employa Patrick en 1978, lorsque Villeneuve partit chez Ferrari. Après deux mauvaises saisons, il partit pour les USA et remporta le titre CanAm. Il revint ensuite à la F1 en 1981, pilotant pour les équipes Theodore, puis Ligier. Au début de l'année suivante, il fut intégré dans l'équipe Ferrari en tant que coéquipier de Didier Pironi après la mort de Villeneuve. Il remporta le Grand Prix d'Allemagne et le Grand Prix de San Marino en 1983. Il disputa le Championnat du monde cette année-là, mais Ferrari le remercia à la fin de l'année. Il passa chez Renault, puis Haas-Lola. Il n'eut jamais plus un équipement à sa hauteur.

 

Jean Pierre Jabouille

Nationalité : Français
Né le : 1er octobre 1942

Jean-Pierre se tailla une place permanente dans l'histoire de la Formule 1 quand il remporta la première victoire dans une voiture turbo-compressée, et le fait d'être au volant d'une Renault au Grand Prix de France en 1979 était garant de la ferveur nationale. Il était normal que ce Français d'une grande popularité ait l'honneur de remporter la première victoire en turbo, car c'est aussi lui qui avait eu la corvée de piloter cette Renault turbo dans ses premiers pas en Formule 1 en 1977. Elle était alors extrêmement peu fiable. Après une carrière réussie en Formule 2, il avait fait ses débuts en Formule 1 lors d'une seule et unique course pour Tyrrell dans le Grand Prix de France de 1975. Cependant, la réussite ne vint que chez Renault, écurie pour laquelle il commença sa carrière de Grand Prix à plein temps en 1977, après avoir participé à la mise au point de la turbo depuis les tout débuts. Il gagna un autre Grand Prix en Autriche en 1980 avant de se casser une jambe dans la course canadienne de cette même année. Il revint chez Ligier en 1981 mais, n'étant pas totalement remis, il se retira après quelques courses seulement. Jean-Pierre courut dans l'équipe de voitures de sport de Peugeot au début des années 1990, avant d'être placé à la tête du programme de sport automobile de ce fabricant français.

 

Henri Pescarolo

Nationalité : Français
Né le : 25 septembre 1942

Henri arriva à la Formule 1 avec Matra, suite à de très bonnes performances en Formule 3, Formule 2 et en voitures de sport, mais seulement après un accident au Mans en 1969, qui lui laissa de graves brûlures et qui fut un revers important pour sa carrière. Cependant, une fois complètement rétabli, Henri fut intégré dans l'équipe de Formule 1 de Matra en 1970 et termina troisième à Monaco, puis quatrième à Silverstone en 1971 dans la March de Frank Williams. Henri abandonna la Formule 1 et n'y revint qu'occasionnellement, avant de se consacrer entièrement à la course de voitures de sport fin 76, marquant quatre victoires aux 24 Heures du Mans.

 

 

René Arnoux

Nationalité : Français
Né en : 1948

Dans les années 1970, le gouvernement français fit un effort pour appuyer la recherche de jeunes talents, et René Arnoux répondit à tous les critères en passant très rapidement à la Formule 1. Ce n'est que lorsqu'il atteignit l'échelon le plus élevé qu'il commença à "dérailler". Sa vitesse était irréprochable mais son application l'était moins. Il battit son futur rival de Formule 1, Patrick Tambay, pour remporter le titre de Formule Renault française en 1973. En 1974, il passa au Championnat de la Formule européenne 5000 qui ne donna pas de résultat, et il revint à l'échelle française pour s'illustrer dans la Formule Super Renault en 1975. Il y gagna le titre et progressa jusqu'à la Formule 2 en 1976. Cependant, le titre lui fut ravi dans le dernier round par Jean-Pierre Jabouille. En 1977, il s'améliora. Ensuite arriva la Formule 1, bien que son départ en 1978 ait été lent avec la jeune équipe de Martini. Celle-ci s'arrêta en mi-saison et René courut deux ou trois fois pour Surtees. Cependant, la chance lui sourit de nouveau en 1979 et il rejoignit Jabouille dans l'équipe de série de Renault. Il décrocha deux victoires au début de 1980, ce qui le mit sous les projecteurs, mais il perdit un peu la forme avant de gagner le Grand Prix de France de 1982 contre les ordres de l'équipe et devant le favori de l'écurie qui était Alain Prost. Pour 1983, René Arnoux alla chez Ferrari, gagna trois fois et fut placé troisième au classement général derrière Nelson Piquet et Prost. Malgré tout, ce furent ses derniers meilleurs résultats, car on lui montra la porte après la première course de 1985. En 1986 il revint, cette fois-ci avec Ligier, pour lequel il courut pendant quatre saisons mais ne produisit presque pas de résultats après la première. Depuis son départ de la Formule 1, René s'est occupé de l'équipe de Formule 3000 DAMS (Driot Arnoux Motor Sport) qui est la plus performante de l'histoire de la Formule.

 

 

 

 

 

Olivier Panis

Nationalité : Français
Né le : 2 septembre 1966

Olivier fut second dans le Championnat français de Formule 3 en 1991 avant de passer à la Formule 3000, où il décrocha le titre en 1993. Lors de sa première saison en Grand Prix avec Ligier en 1994, il fit preuve d'un talent admirable et d'une incroyable constance terminant 15 courses sur 16. Son meilleur résultat fut une place de second quelque peu chanceuse lors du Grand Prix d'Allemagne, après que la moitié des voitures eurent été éliminées par des accidents au premier tour. La deuxième saison d'Olivier chez Ligier fut moins spectaculaire, mais elle fut sauvée par une place de second inattendue dans la dernière course, à Adelaïde. Olivier remporta alors le Grand Prix de Monaco en 1996, sur piste mouillée. l'écurie devint Prost GP en 1997, mais après un début de saison fulgurant, Olivier Panis connu un sérieux accident au Canada, où il se brisa les deux jambes alors qu'il pointait troisième au classement provisoire du Championnat du monde. Et, bien qu'il revint pour les deux derniers Grand Prix de la saison, cela mis fin de façon prématuré à son irrésistible ascension. L'année 1998 fut sans doute la pire des saisons qu'il ai jamais connu car il ne réussit pas à ramener le moindre points à cause d'une monoplace complètement ratée mais la situation ne s'arrangea guère en 1999 et Olivier Panis quitta son écurie fétiche pour prendre un nouveau départ en tant que 3ème pilote McLaren pour 2000 en préférant cette offre à celle de Williams

Cette année sabbatique lui permit de retrouver la confiance qui lui manquait et un nouveau baquet au sein de l'écurie BAR. Durant la saison 2001, son talent lui permit de se battre avec Jacques Villeneuve malgré une monoplace plus ou moins ratée. Ses espoirs reposent à présent sur la saison 2002. 

 

 

Jean Alesi

Nationalité : Français
Né en : 1964

Fils d'un carrossier d'Avignon, Jean Alesi baigne dès son plus jeune âge dans le milieu de l'automobile. Des photos de Walter Rohrl et Gilles Villeneuve ornent sa chambre d'adolescent. C'est tout naturellement qu'avec son pote Philippe Gache, il se lance dans la compétition. Modestement par le karting, puis la Coupe Renault 5. Vient enfin la monoplace. Jean Alesi est doué. Naturellement rapide. Son palmarès se forge rapidement. Champion de F3 française en 1987, il domine le championnat international de F3000 1989, au sein de l'écurie Jordan

En ces temps la, les places en F1 étaient abondantes, et l'argent des fabricants de tabac coulaient à flot... y compris en France. A mi-saison, l'écurie Tyrrell signe un contrat avec Camel, ce qui entraîne le départ d'Alboreto, son leader, soutenu par Marlboro. Le vieux Ken Tyrrell, sur les conseils d'Eddie Jordan, se tourne alors vers Alesi... poulain de la marque au chameau. Les débuts de Jean se font donc sur le bitume surchauffé du Paul Ricard, quasiment a domicile. Les consignes de Ken ne sont pas très exigeantes envers le nouveau venu: "Essaye de te qualifier".  Jean Alesi voit au delà, et d'emblée, prend de vitesse son expérimenté équipier Jonathan Palmer. A l'issu des premiers essais, Berger et Mansell, les pilotes Ferrari, font violemment irruption dans le stand Tyrrell pour se plaindre du comportement du jeune avignonnais, un peu trop sanguin à leur goût. Tyrrell fait profil bas, mais au fond de lui, il jubile. Il vient a nouveau de mettre le doigt sur une perle rare, un diamant brut qu'il lui appartiendra de polir. Alesi vient d'offrir une nouvelle jeunesse a son patron. Le Dimanche soir, après avoir pointé un temps deuxième, Alesi franchit son premier drapeau à damier à la 4eme position. Un exploit !

Alesi achève la saison pour Tyrrell, ce qui ne lui empêche pas de parallèlement remporter le titre en F3000. Toujours chez Tyrrell, 1990 débute en fanfare. Dans les rues de Phœnix, s'échappant en tête des le début de la course, il cède finalement le commandement à Senna, non sans lui avoir vaillamment résisté, au prix d'un mano a mano qui marquera durablement les esprits et lui vaudra les compliments admiratifs de la star brésilienne. Un nouveau podium, quelques semaines plus tard, à Monaco, toujours derrière Senna, achève de le positionner comme la future star de la F1. Bien que prestigieuse, l'écurie Tyrrell n'en finit plus de courir après sa gloire passée, et n'a pas les moyens de satisfaire l'ambitieux Alesi. D'autant plus que celui ci subit la cour effrénée des meilleures écuries du plateau. Les propositions alléchantes affluent. En provenance notamment de Williams-Renault avec qui Alesi signera un pré-contrat. Mais finalement, Alesi, le petit-fils d'immigré sicilien, ne résistera pas aux sirènes de Maranello. Direction Ferrari.

Aux cotés d'Alain Prost, qui fait figure de grand favori du championnat 1991, Alesi s'apprête à cueillir ses premières victoires. Las... la Ferrari est un échec, et au sein de la Scuderia, les luttes intestines reprennent de plus belle. Fiorio, le directeur sportif n'y résiste pas. Limogé. Tout comme Alain Prost, en fin de saison. Auteur de performances mitigées, Alesi conserve néanmoins sa place. 1992 sera pire en terme de résultats, mais Alesi conquiert progressivement le cour des exigeants tifosi, qui voient en lui l'héritier naturel de Gilles Villeneuve, son héros d'enfance. Même fougue, même enthousiasme, même absence de calcul. Malgré une monture rétive, Alesi démontre toute sa classe, notamment sur piste humide. Les deux saisons suivantes voient la Scuderia lentement remonter la pente, mais toujours sans victoires pour Alesi, qui acquiert progressivement une image de sympathique loser. D'autant plus frustrant, pour lui, le grand espoir de la F1, qu'une nouvelle génération, emmenée par Schumacher et Hill commence a truster les succès. La délivrance arrive finalement le 11 Juin 1995, sur le tracé de Montréal, le jour de son anniversaire. Victoire chanceuse, certes, mais ô combien méritée pour un pilote abonné a la poisse et qui se montrera plusieurs fois cette saison comme étant au sommet de son pilotage. Notamment au Nurburgring ou il réalise une nouvelle démonstration sous la pluie en pneus slicks. Pour beaucoup, il apparaît comme le meilleur pilote derrière Schumacher. Mais au delà des compliments unanimes reçus par Alesi, l'ambiance se crispe au sein de la Scuderia, qui souhaite se séparer du Français pour faire place nette a Schumacher.

Alesi trouve alors refuge chez Benetton, l'écurie championne du monde en titre, avec des ambitions élevées. Le titre mondial, ni plus ni moins. Malheureusement, Alesi éprouve toutes les peines du monde a marcher dans les pas de Schumacher, son prédécesseur. Au bout de deux années chez Benetton, le verdict est cruel. Alesi est rapide, certes,  mais ne semble pas avoir la pointure des plus grands, ne semble pas être fait du même bois que les champions du monde. Brillant sur la piste, Alesi est souvent montré du doigt pour son manque d'implication dans le développement technique. Benetton préfère le remplacer par deux jeunes pilotes. La roue tourne. Il passe alors chez Sauber en 98 puis 99, une écurie familiale de milieu de grille, comme pouvait l'être Tyrrell  a ses débuts. Alesi n'est plus en haut de l'affiche. Les médias et le public se régalent  de sa fougue d'éternel jeune homme, mais les grandes écuries ne s'intéressent plus a lui. Le défi franco-français relevé avec son ami Alain Prost ne fera que prolonger pathétiquement sa descente aux enfers, jusqu'a une nouvelle rupture au cour de l'été 2001. Rupture professionnelle, mais aussi affective pour les deux hommes, fâchés. Eddie Jordan lui offre alors un inattendu post-scriptum, avant un retrait définitif fin 2001.

Immense espoir de la F1 a ses débuts, Alesi laisse un palmarès bien maigre derrière lui. Voitures gavées d'électronique, briefings techniques interminables, circuits aseptisés, Alesi l'instinctif s'est peut être tout simplement trompé d'époque.

 
 
 
 
Jean Pierre Jarrier

Nationalité : Français
Né le : 5 septembre 1963

Jean-Pierre courut dans 134 Grands Prix au cours de la période de 1973 à 1983 mais, malgré sa rapidité et sa bravoure, il n'en gagna aucun. Il fut au sommet de sa forme pour l'équipe Shadow dans le milieu des années 70 et ne perdit le Grand Prix du Brésil de 1975 qu'à cause d'une panne de jauge de carburant qui l'obligea à abandonner. De même, quand il eut la possibilité de redorer le blason de sa carrière avec Lotus en 1978, des problèmes de freins surgirent au moment où il dominait le Grand Prix du Canada. Au début de sa carrière, il avait eu la réputation d'être incontrôlable mais il se maîtrisa bientôt et gagna le titre de Formule 2 pour l'équipe BMW March de série en 1973, année où il fit ses débuts en Formule 1, également pour March, avant de passer chez Shadow. Après 1978 sa carrière commença lentement à péricliter. Les deux années qu'il passa chez Tyrrell ne lui permirent pas de sortir du tunnel et après une période désastreuse chez Osella puis Ligier au début des années 1980, la Formule 1 le laissa choir à la fin de 1983. Cependant, la fortune lui sourit de nouveau au milieu des années 1990 quand il commença à piloter des voitures de sport.

 

Alain Prost

Nationalité : Français
Né le : 24 février 1955

Il voulait être footballeur, lui, le natif de Saint Chamond, qui vibrait aux exploits des "Verts" de Saint Étienne. Son frère lui a transmis la passion du sport automobile. Il restera l'un des plus grands pilotes de l'histoire du sport automobile, l'une des plus grandes figures du sport français.

Volant Elf en 1976, l'ascension d'Alain est météorique. Formule Renault, Formule 3, Prost écrase tout sur son passage. Fin 1979, il est convié par McLaren à un premier essai. D'emblée, le ton est donné: Prost fait tomber les chronos et apporte un retour technique extrêmement complet à ses ingénieurs. Teddy Meyer, séduit, lui propose de débuter dès la fin de la saison. Fin stratège, Prost refuse, préférant reporter ses débuts a 1980, avec tout l'hiver pour peaufiner sa préparation. 1er Grand Prix en Argentine, et premier point, avec une sixième place à la clé. Mais la saison sera globalement frustrante pour Prost, au sein d'une écurie en bout de course. Il sera même victime de deux violents accidents dus à des casses mécaniques. Les seules blessures physiques de toute sa carrière. Qu'importe le peu de compétitivité de sa machine, l'important pour cette première saison dans le grand cirque de la F1 aura été de  séduire les observateurs. Mission réussie. Encore sous contrat pour 1981 avec Mclaren, Prost profite des remous au sein du team et de la fusion avec le Project Four de Ron Dennis, pour dénoncer son contrat et partir chez Renault. Prost et Dennis, un premier rendez-vous manqué. Mais l'histoire reste à écrire.

Débuts fulgurants

La Renault de 1981 est un peu irrégulière pour jouer le titre, mais suffisamment performante pour permettre à Prost de remporter son premier GP, à Dijon. 50 autres suivront. Même scénario en 1982. Mais cette fois, c'est aussi un conflit interne qui mine en partie la saison des hommes de la Régie Renault. Au GP de France, René Arnoux refuse de se plier à la stratégie d'équipe préétablie et visant à favoriser Prost, mieux placé dans la course au titre. Larousse, le directeur sportif de Renault ne défend pas Prost. Ce dernier rue dans les brancards et ne parvient qu'à s'attirer les foudres d'une partie de l'opinion publique toute acquise a la cause du populaire "Néné" Arnoux. Prost et la France, ou l'histoire d'un amour impossible.

Pour Prost, 1982, ce sera aussi le début d'une vraie psychose. Sous la pluie d'Hockenheim, Prost a ressenti un violent choc à l'arrière et assiste abasourdi au décollage d'un bolide rouge au dessus de sa tète. Aveuglé par les projections d'eau, Pironi l'a heurté et ne peut que hurler de douleur dans les restes de son cockpit déchiqueté. A partir de cet instant, Prost détestera toujours la pluie... 

En 83, débarrassé d'Arnoux, Prost semble enfin avoir les coudées franches au sein de l'écurie française, et le turbo enfin arrivé à maturité pour conquérir le titre. Las, en fin de saison, Prost ne résiste pas au retour fulgurant de Piquet et de sa Brabham au BMW curieusement survitaminé. Dans la défaite, l'écurie française se désagrège et Larousse vire Prost ! Un comble quand on sait que Prost est l'un des pilotes les mieux coté du plateau. Mais Prost n'en a que faire. Déjà, Ron Dennis, le boss de Mclaren qui vient de restructurer l'équipe avec l'appui du groupe Tag, lui fait un pont d'or pour rejoindre Lauda. Renault a tout perdu. Prost va tout gagner.

Bien que plus rapide que Lauda, Prost voit à nouveau le titre lui échapper. Pour un demi point seulement. Mais sur le podium d'Estoril, à coté de son triple champion du monde de coéquipier, Prost rayonne. L'avenir lui appartient. Et il le sait. 1985 ne sera qu'une formalité pour Prost. Au volant de la meilleure machine du plateau, Prost prend rapidement le dessus sur ses adversaires et file vers le titre. Rebelotte en 1986, malgré l'opposition féroce des Williams Honda de Mansell et Piquet. Prost remporte un second titre dans les rues d'Adelaide, au prix d'un final époustouflant. Sans doute le plus grand souvenir de sa carrière. L'association de McLaren avec Porsche s'essouffle et la saison 1987 n'offre guère de satisfaction à Prost, si ce n'est une 28e victoire en Grand Prix à Estoril. Le record historique de Stewart vient de tomber. Mais qu'importe la perte de titre mondial, aux yeux de tous, Prost apparaît comme le meilleur pilote de sa génération. Son style économique, son approche minutieuse des Grand Prix régalent ses ingénieurs. On lui donne le surnom de Professeur. Un surnom  à double tranchant. Derrière la marque de respect pour cet homme qui maîtrise son sujet à la perfection, on sent poindre  le manque d'enthousiasme d'un public avide de sensations fortes et qui lui préfère la fougue d'un Mansell ou d'un Senna. Senna, justement, le prochain défi du Professeur...

 

Antipathie mutuelle mais respect total

En 1988, McLaren s'associe avec Honda et accueille Senna aux cotés de Prost. Une formidable rivalité va alors naître. Un choc de titans dont la F1 ne s'est toujours pas remise. Les 2 meilleurs pilotes du monde cote à cote. D'un coté, le calculateur Prost, de l'autre, le mystique Senna. mais en commun, un même génie du pilotage, une même approche clinique de la F1. En 88, Senna décroche le titre. Prost prend sa revanche en 89, dans une ambiance de souffre. La rivalité entre les deux hommes a dépassé le cadre sportif suite au GP de Saint Marin 1989 dans lequel Senna n'aura pas respecté un pacte de non agression. A la bagarre sur la piste, somptueuse le Dimanche, se succèdent règlements de compte et phrases assassines tout au long de la semaine par médias interposés. La rivalité fratricide trouve un épilogue dans la chicane de Suzuka, ou un accrochage entre les deux hommes donne le titre au Français. Parmi les succès marquants de Prost cette année la, une victoire a Monza, devant des tifosi en liesse. Prost vient d'annoncer qu'il quitte McLaren pour rejoindre la Scuderia. Ce sera avec le numéro 1.

La rivalité avec Senna se poursuit de plus belle. Une vraie fausse réconciliation orchestrée par Elf à Monza n'aura qu'un temps. A Suzuka, des le départ, au prix d'une attaque kamikaze, Senna accroche volontairement Prost et récupère le titre mondial. Amertume de Prost vis à vis de son ancien équipier, vis à vis de la FIA qui laissera impuni la manœuvre suicidaire de Senna, et vis à vis de sa propre équipe, qui en ne donnant pas de consignes à son bouillant coéquipier Mansell, a privé Prost de points précieux à Estoril quelques semaines auparavant.  La belle entente avec Cesare Fiorio, son directeur sportif, se fissure.

Une intersaison prometteuse semble effacer les blessures, mais le catastrophique début de saison 91 rouvre les cicatrices. L'ambiance est à la guerre interne chez Ferrari. Un classique au sein de la Scuderia. Prost obtient le limogeage de Fiorio. Mais lui même sera débarqué en fin de saison. Prost et Renault, Prost et Ferrari, deux histoires inachevées. Prost passe sa saison 92 sur le bord des pistes, à préparer son retour. Ce sera au volant d'une Williams Renault, la meilleure voiture du plateau, avec un 4eme titre mondial à la clé. Un titre au parfum amer. Prost se présente comme l'éternel mal aimé. A Monaco, pénalisé pour départ anticipé, Prost effectue une spectaculaire remontée dans le peloton. "Ce Prost, quel grand pilote" s'exclame un observateur. "il faudrait qu'il le prouve" répond laconiquement Franck Williams, l'énigmatique directeur de l'écurie éponyme, et patron d'Alain Prost. Prost a signé un contrat de 2 ans, mais la volonté non dissimulé de son employeur d'attirer Senna  à ses cotés le blesse. Tout comme le blesse le conflit larvé qui l'oppose à la FIA, ou le peu d'entrain que manifestent les médias à son égard. Déçu, Prost préfère s'arrêter. Sur un 4eme titre acquis à Estoril ou il cède la victoire au jeune Michael Schumacher. 51 victoire pour l'un, deuxième pour l'autre. Un passage de témoin en somme... Prost monte sur le podium une dernière fois à Adélaïde, pour son ultime course. A ses cotés, le vainqueur du jour, Senna, lui offre une chaleureuse accolade. C'est la fin de l'une des plus palpitantes confrontations de l'histoire du sport. A ce moment, Prost ignore que quelques mois plus tard, il commentera en direct la mort tragique de cet ennemi en qui il avait découvert un ami. La carrière de Prost "pilote" s'achève là. Après une brève parenthèse en tant qu'essayeur de luxe pour le compte de McLaren, Prost prend la tête de l'écurie Ligier qu'il rebaptise en son nom. Une aventure porteuse d'espoirs mais qui se termine par un cuisant échec et ne fait que creuser un peu plus le gouffre d'incompréhension entre Prost et son public.

En ce début d'année 2007, Prost reprend le volant en compétition, dans des épreuves sur glace. Juste pour le plaisir. Le plaisir, c'est peut être finalement tout ce qui aura manqué à Prost au fil de cette immense carrière.

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Publié dans HISTORIQUE F1

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