Schumacher "va faire une expérience", selon Lauda
Champion du monde en 1984 après un comeback, Niki Lauda sait de quoi il parle. Pour lui, Michael Schumacher replonge en F1 par besoin de se jauger.
Niki Lauda a la langue bien pendue. Depuis sa retraite de pilote, fin 1985, il donne régulièrement son avis, à peu près sur tout. Il a perdu une partie de son crédit de triple champion du monde (1975, 77, 84) après des expériences peu convaincantes de conseiller chez Ferrari et chez Jaguar. Mais il est parfaitement audible lorsqu'il évoque l'imminent retour de Michael Schumacher, 40 ans. Indiscutablement, sa parole n'a pas d'égale. L'Autrichien, aujourd'hui âgé de 60 ans, est devenu champion du monde en 1984 après une parenthèse hors des circuits de la mi-1979 à la fin 81.
Revenir est une chose, gagner en est une autre lorsque l'on a éprouvé un rejet total du milieu et du pilotage. A l'époque, il avait prouvé que le pilote a toujours quelque chose au fond de lui, d'inné, d'inaltérable, qui peut remonter à la surface à tout moment. C'est parfois de la vanité, plus souvent de l'envie. C'est désir, mêlé d'introspection, que ressent selon lui le septuple champion du monde, qui s'apprête à chausser le baquet de la Ferrari de Felipe Massa au Grand Prix d'Europe (21-23 août).
"Cette faim, cette montée d'adrénaline ne meurent jamais"
"Il n'est jamais parvenu à se désintoxiquer de la course, comme nous l'ont montré ses activités en moto ", estime Lauda sur formula1.com. "Mon opinion est qu'il a pris sa retraite fin 2006 car il n'avait plus de réel défi à relever, et il a probablement regretté sa décision. Il a la chance unique de remplacer Massa pour aider son ancienne équipe et de savoir s'il est toujours compétitif. C'est quelque chose qui m'aurait aussi intéressé, car cette faim de compétition, cette montée d'adrénaline ne meurent jamais. C'est inscrit dans nos gènes", complète celui qui était surnommé "l'Ordinateur" pour sa science de la course. "Il a la possibilité de voir où il se situe par rapport à l'élite. Et c'est une question qui taraude toujours un pilote de top niveau comme lui" , précise-t-il encore.
Mais la démarche de l'Autrichien et de l'Allemand n'ont rien à voir. "J'avais gagné ma deuxième course après mon retour, alors que Michael n'est pas dans la lutte pour le championnat. Pour Michael, c'est rien d'autre qu'une expérience intéressante", note le "Kaiser".
On ignore juste un paramètre à propos du "Baron rouge". Courra-t-il pour Kimi Räikkönen, comme il l'avait fait à l'endroit d'Eddie Irvine en Malaisie en 1999, ou plus pour Ferrari et son ami Felipe Massa ? La seconde hypothèse à cours, pour deux raisons. "Iceman" n'est pas en course pour le titre et il se fiche pas mal des conseils de l'as germanique depuis qu'il l'a remplacé, en 2007.