Singapour team par team
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Le comportement des pilotes et des voitures passé au crible pour tirer les enseignements de la 15e manche du Mondial 2008.
Renault - Alonso P1, Piquet ab.
"Il va me falloir un miracle stratégique pour espérer remonter sur ce circuit urbain", affirmait Fernando Alonso à l'issue de la qualification. Son voeu a été exhaussé au 13e tour avec le crash de... son coéquipier, Nelson Piquet ! Comme on dit, le malheur des uns fait le bonheur des autres. Parti comme un boulet de canon, Alonso saisit sa chance pendant la voiture de sécurité et rentre aux stands quelques secondes avant la fermeture de la pit lane. "Nous avons choisi de faire un premier relais assez agressif mais j'ai senti que les freins n'étaient pas très bien réglés. On a changé les réglages et je me suis beaucoup mieux senti par la suite."
Par cette manoeuvre, le double champion du monde s'est tout simplement adjugé la victoire, apportant à Renault son premier succès depuis le Grand-Prix du Japon en 2006. L'écurie au losange, portée à bout de bras par son champion, revient ainsi à la quatrième place au classement des constructeurs, avec cinq points d'avance sur Toyota. En revanche, pour Nelson Piquet, les Grand-Prix se suivent et se ressemblent. Incapable de se qualifier pour Q2 samedi, le Brésilien a un peu plus compromis ses chances de trouver un volant en Formule 1 en 2009 en s'encastrant dans le mur dimanche. Ses excuses immédiates à toute l'équipe n'y changeront sans doute rien.
Williams - Rosberg P2, Nakajima P8
La meilleure performance de l'année pour l'écurie de Franck Williams depuis le Grand-Prix inaugural en Australie. Qualifiées en Q3, les monoplaces de Rosberg et Nakajima se retrouve respectivement 9e et 10e sur la grille de départ. Tous deux parviennent à dépasser Trulli dans les premiers tours, puis Rosberg s'engouffre dans la voie des stands au moment de la première voiture de sécurité. En repartant en tête, l'Allemand croyait avoir réalisé le coup parfait avant qu'une pénalité de dix secondes de stop and go ne lui tombe sur la tête. "Je n'arrivais pas à y croire", a-t-il réagi.
Ce dernier n'abdique pas pour autant, profitant du bouchon Fisichella - alors deuxième - pour se forger une marge conséquente. Au contraire de Kubica, qui repartira en queue de peloton après la pénalité, Rosberg ressort devant la meute, s'assurant ainsi son meilleur résultat de sa carrière, derrière Alonso. Pour son coéquipier japonais, le premier point glané après cinq Grand-Prix de disette, récompense une course raisonnable, sans la moindre erreur. Plusieurs fois, derrière Trulli, Nakajima avait l'occasion de perdre ses nerfs et de jouer son va-tout. Il n'en fut rien. Enfin un week-end mature qui laisse augurer de bons résultats.
McLaren - Lewis Hamilton P3, Heikki Kovalaïnen P10
Pour la première fois depuis le Grand-Prix de Malaisie, McLaren repasse en tête du championnat des constructeurs. Pourtant les Gris n'ont inscrit que six points par l'intermédiaire de Lewis Hamilton. Suffisant, comparé à l'hécatombe de la Scuderia Ferrari. Déçu après Q3, Lewis Hamilton a su conserver sa deuxième place au départ devant Kimi Raïkkönen. Le Finlandais revenait sérieusement sur lui avant que la voiture de sécurité n'entre en piste. Débarrassé des Ferrari dans les stands, le Britannique a toutefois perdu du temps derrière Massa et sa pompe volante et est ressorti 8e, derrière Coulthard.
Il lui aura fallu une bonne vingtaine de tours pour s'en débarrasser. La pénalité de Kubica et les abandons de Trulli et Webber lui permettent d'accéder au podium. "J'ai commencé à sentir un manque de grip avec l'arrière de la monoplace. J'ai essayé de rejoindre Rosberg mais il était trop rapide", a-t-il commenté. De son côté, Kovalaïnen a perdu deux places au départ en tentant de dépasser Kubica. "Malheureusement, Kubica m'a touché et m'a envoyé vers l'extérieur. Ça a abîmé mon fond plat et deux voitures sont passées", a expliqué le Finlandais. Bloqué derrière Hamilton au ravitaillement, Kovalaïnen est ressorti en fin de peloton et a connu une fin de course transparente, terminant à une anecdotique dixième place.
Toyota - Timo Glock P4, Trulli ab.
Un mélange de joie et de déception régnait dans le stand Toyota après la course. La quatrième place de Timo Glock signifie que l'Allemand a atteint les objectifs qu'il s'était fixé en début de saison : "Mon but était de marquer vingt points cette saison donc je suis très content d'y être parvenu à trois courses de la fin" , a-t-il déclaré. Calé sur une stratégie à deux arrêts, Glock a suivi le mouvement pendant les voitures de sécurité, résistant par moment aux assauts de Kovalaïnen. En fin de course, il va chercher la quatrième place en profitant d'une erreur de Vettel.
En revanche, Toyota perd sa quatrième place au championnat des constructeurs à cause de la victoire de Fernando Alonso et de l'abandon de Jarno Trulli, à quelques boucles de l'arrivée. "J'ai eu un problème hydraulique alors que j'aurais terminé cinquième. Je suis épuisé mais surtout à cause de ma déception. Je me suis battu comme un chien en faisant du bon boulot mais quand la malchance survient, vous ne pouvez rien y faire", a déclaré l'Italien qui a mené la course pendant quelques tours grâce à sa stratégie à un seul arrêt.
Toro Rosso - Sebastian Vettel P5, Sébastien Bourdais P12
Après sa victoire à Monza, Sebastian Vettel a confirmé sa capacité à s'adapter aux faits de course. Parti sixième sur la grille, l'Allemand profite de la bagarre Kubica - Kovalaïnen pour dépasser ce dernier. Il a ensuite géré à sa façon les neutralisations de course. "Je pense qu'avec tout ce qui s'est passé on ne pouvait pas faire mieux sur une des courses les plus éprouvantes de la saison. J'aurais même pu finir quatrième si je n'avais pas raté un point de freinage pour laisser passer (Timo) Glock."
Largué en qualifications, Sébastien Bourdais est l'un des rares à ne pas avoir tiré profit de la voiture de sécurité. "Quand je roulais tout seul, l'équilibre de la machine était bon mais, une fois dans le trafic, l'avant dérivait. Je savais que c'était un circuit où il était difficile de doubler mais c'était également difficile de suivre les autres car je n'arrive pas à atteindre mes limites", a expliqué le pilote manceau.
BMW Sauber - Nick Heidfeld P6, Robert Kubica P11
Rétrogradé de trois places sur la grille pour avoir gêné Rubens Barrichello en Q1, Nick Heidfeld est parvenu à dépasser Nico Rosberg au départ depuis sa neuvième place. Comme tout le monde, l'Allemand s'est arrêté pendant la voiture de sécurité mais lui a attendu le bon moment pour le faire, au contraire de son coéquipier Robert Kubica. "La voiture est si bien et j'aurais pu aller beaucoup plus vite si je n'avais pas été pris tout le temps dans le trafic. J'économisais mon essence et mes pneus en espérant que les autres détruisent les leurs, pour attaquer sur la fin", témoigne-t-il.
Pour sa part, Kubica avait résisté virilement à l'assaut de Kovalaïnen au départ, avant de tenter un coup de poker lors du crash de Piquet. Malheureusement pour lui, son écurie l'a appelé un tour trop tard. "La décision de ne pas m'arrêter tout de suite après le crash de Piquet a été malchanceuse et m'a coûté une bonne course. L'équipe croyait que la pit lane serait rouverte très vite mais ce n'a pas été le cas. Enfin, c'est la course." Reparti dernier, le Polonais s'est offert le luxe de dépasser Massa. Mais le natif de Cracovie est passé à côté d'un gros coup.
Red Bull - David Coulthard P7, Mark Webber ab.
Après un été calamiteux, Red Bull retrouve un peu de couleurs en cette fin de championnat. David Coulthard a apporté deux nouveaux points dans l'escarcelle de l'équipe grâce à sa septième place. Parti 14e, l'Ecossais a été l'un des grands bénéficiaires de la première voiture de sécurité, se retrouvant par la suite devant Lewis Hamilton. L'ancien pilote McLaren a résisté pendant une vingtaine de tours. Lors de son 2e ravitaillement, il manque de peu de repartir avec la pompe à essence comme l'avait fait Massa avant lui.
"Il y a eu une mésentente entre certain mécaniciens lors de mon arrêt et je suis parti lorsque l'homme à la sucette m'a donné le feu vert. Malheureusement, le plein n'était pas encore fait. Ce sont des choses qui arrivent. Heureusement, nous avons marqué des points" , a raconté Coulthard après la course. Son coéquipier Mark Webber a connu un week-end noir, débuté par un crash aux essais libres 1. L'Australien avait néanmoins réussi à se qualifier 13e, samedi. Avant d'abandonner pour un problème de boîte de vitesse. A l'arrivée, la petite soeur de Red Bull, Toro Rosso, est toujours devant au général.
Honda - Jenson Button P9, Rubens Barrichello ab.
Le week-end avait bien commencé pour Jenson Button avec plusieurs Top 10 au cours des essais libres. Malheureusement pour lui, les performances des essais ne se sont pas retrouvées sur des relais pendant la course et les voitures de sécurité ont ruiné sa stratégie à deux arrêts : "Nous n'étions simplement pas assez compétitifs car j'ai dû lutter avec l'équilibre de la voiture pendant une grande partie de la course. Finir neuvième est toujours frustrant car juste en dehors des points."
Ça aurait pu être le scénario inverse pour Rubens Barrichello, transparent jusqu'à la course. Le Brésilien avait réussi à ravitailler parmi les premiers après le crash de son compatriote mais une panne moteur l'a contraint à l'abandon au 14e tour, dès sa sortie dès stands. Au final, Honda rentre bredouille de Singapour et voit son principal rival, Williams, repartir avec neuf points et une marge de douze points au championnat des constructeurs.
Ferrari - Felipe Massa P11, Kimi Raïkkönen ab.
Ferrari aurait pu marquer de son empreinte le premier Grand Prix de l'histoire de la Formule 1 disputé de nuit mais au lieu de cela la Scuderia est repartie avec un zéro pointé. Parti en pole, Felipe Massa dominait facilement Lewis Hamilton avec une voiture qu'il jugeait parfaitement réglée. Derrière le Britannique, Kimi Raïkkönen revenait comme un boulet de canon. Le 13e tour a tout changé... "Durant l'arrêt, un des gars a fait une erreur, mais nous ne sommes que des êtres humains", philosophe un Massa pas rancunier. Derrière, le Brésilien écope d'un drive-through, ce qui compromet définitivement sa course.
Kimi Raïkkönen aurait pu sauver l'honneur de la Scuderia mais le champion du monde n'y est clairement plus. Une attaque incontrôlée sur Timo Glock à la double chicane et voilà le Finlandais volant projeté dans le mur ! "Clairement, le moral n'est pas très bon mais je ne suis pas habitué à baisser les bras et je vais faire le maximum pour aider l'équipe à atteindre ses objectifs" , assure néanmoins Raïkkönen. En attendant, Ferrari n'inscrit pas le moindre point pour la première fois en 46 Grand-Prix, perd la tête du championnat des constructeurs pour un point face à McLaren et Massa laisse filer Hamilton. Vivement Fuji !
Force India - Giancarlo Fisichella P14, Adrian Sutil ab.
Après ses accidents aux essais libres, Fisichella affirmait avant la course que si les voitures ralliaient l'arrivée, le week-end ne serait pas perdu. L'Italien l'a fait et s'est même offert le luxe de passer quelques tours en deuxième position après l'épisode Piquet. "C'était bien d'être de retour en course et je pense que nous avions une bonne stratégie qui nous a permis de gagner quelques places."
Son coéquipier allemand, Adrian Sutil a eu moins de chance. "Quand Felipe a fait un tête à queue juste devant moi, la route était bloquée et j'ai évité le crash avec lui de justesse en allant moi même dans le mur" a-t-il raconté. Force India est donc toujours à la recherche de son premier point cette saison.
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