Hamilton, à l'excès

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Formule 1 GP de Chine Hamilton, à l'excès
 

Formule 1 GP de Chine 

Hamilton, à l'excès

 

L'usage excessif des pneus a indirectement causé la perte de Lewis Hamilton (McLaren) à Shanghai. Et souligné son manque d'expérience par rapport à Kimi Räikkönen (Ferrari) et Fernando Alonso (McLaren).

 

La gestion des pneumatiques serait-elle en train d'opérer une sélection inattendue dans la course au titre mondial ? En Turquie déjà, Lewis Hamilton avait laissé échapper une 3e place au profit de son équipier et principal rival, Fernando Alonso, suite au délaminage de son pneu avant droit. Sur l'exigeant circuit de Tuzla, le débutant de 22 ans avait bien trop sollicité ses enveloppes. En particulier dans le triple gauche incliné le plus célèbre du championnat. McLaren avait avancé l'explication d'un réglage de suspension avant "trop agressif", et avait travaillé le sujet avec son pilote deux jours plus tard, lors d'essais à Monza.

Dimanche, à Shanghai, la propension du surdoué à tirer sur ses pneus a débouché sur une nouvelle désillusion ; bien plus grande encore. Au 15e tour, il était rentré juste pour ravitailler, gardant ses Bridgestone "intermédiaire" pour un bitume entre sec et mouillé, au gré des averses passagères. Au 26e passage, il était en grande difficulté au moment du renoncement de Kimi Räikkönen (Ferrari) à le passer, pour respecter un drapeau jaune. Un tour de sursis pour battre en retraite et prendre conscience de l'urgence d'un pneu arrière droit au canevas apparent en sa partie centrale...

"Les pneus se dégradaient vraiment, jusqu'à la corde" , a expliqué l'Anglais. "Mes rétroviseurs étaient vraiment sales, je ne pouvais donc les voir, seulement deviner leur état, et mes sensations m'indiquaient qu'ils étaient fichus... Je n'ai cessé de converser avec l'équipe et nous avons décidé ensemble de laisser passer la dernière averse avant de prendre des 'sec'. J'allais rentrer au tour suivant", a-t-il ajouté.

L'expérience de Räikkönen et Alonso...

"C'était une course difficile", a relevé Hirohide Hamashima, directeur technique de Bridgestone Motorsport, avant de souligner le bon usage qu'il fallait faire de ses produits. "Maintenir les pneus intermédiaires en état sur une piste qui s'asséchait était crucial, et il était possible de voir quelles voitures avaient trop usé leurs pneus en regardant les écrans de télévision."

On connaît la suite : une entré de pit lane en légère survitesse et, surtout, en déficit total d'adhérence, avant l'arrêt définitif de la MP4-22 N.2 dans les graviers&hellip Sans ses avatars turcs et chinois, Hamilton aurait marqué 14 points, contre 11 à Alonso. Finalement, il n'en aura amassé que 4, contre 14 à l'Espagnol.

Pêcher d'orgueil ? Peut-être. En attaquant comme Kimi Räikkönen et Fernando Alonso un second relais avec des pneus sculptés de type "intermédiaire", Lewis Hamilton savait qu'il rendrait quelques boucles plus tard des gommes usées, plus proches des pneus lisses d'antan que des rainurés modernes... Finalement, il aura échoué là où l'Espagnol et le Finlandais auront prouvé leur art de la préservation. Un renvoi à sa condition de "rookie" face à l'expérience adverse, en fait. En 2005, alors qu'il n'était qu'un surdoué en route vers le titre en Formule 3 européenne, Räikkönen et Alonso avaient appris, dans le cadre d'un règlement particulier, à faire toute une distance de grand prix avec un même train de pneus. Parfois à leurs dépends et de façon spectaculaire, comme Räikkönen. Ou de façon moins visible comme Alonso, contraint de renoncer à ses braquages secs en entrées en courbe. Le reglèment a changé mais il en est resté quelque chose.

Alonso ne partage plus toutes ses astuces

Aujourd'hui, les différentes façons de faire n'ont pas de réelles conséquences sur un tour de qualif, mais peuvent se payer sur un long relais. A Shanghai, on a vu Hamilton "taper" dans ses gommes, jusqu'à les pousser à l'agonie.

"Le circuit est caractérisé par de très longs virages à basses et moyennes vitesses qui engendre une forte dégradation des pneus. En course, il faudra de bons réglages pour en tirer le meilleur sur la distance d'un relais", rappelait Willy Rampf, directeur technique de BMW, avant le 15e meeting de la saison. "De bons réglages" sont l'autre pan d'une performance sans histoire sur beaucoup de circuits du calendrier. L'Istanbul Park l'avait mis en exergue, en août dernier.

Mais plus avant, Hamilton avait connu une première alerte, à Silverstone. De la pole position décrochée au courage, le génie britannique s'était rendu à l'évidence de réglages inadaptés sur sa McLaren de course. Le résultat d'une rivalité interne. En effet, Alonso, sentant la menace Hamilton se préciser, avait obtenu de Woking de ne pas étaler tous ses secrets de réglages en réunion technique. Poussé à plus d'indépendance, Hamilton avait pris un autre parti sur tout le réglage du train arrière, ce qui l'avait mené à une dégradation anormale de ses gommes...

A Sao Paulo, le 21 octobre, Lewis Hamilton s'attaquera à l'ultime défi 2007 nanti de quatre points d'avance sur Fernando Alonso et de sept sur Kimi Räikkönen. Trois pilotes en "finale" pour le titre, une première depuis 1986. Son avantage mathématique lui autorisera une petite marge de manœuvre. En revanche, il devra apprivoiser un terrain inconnu dont les bosses conduiront tout le travail de réglages. Par chance, l'utilisation des pneus n'y sera pas un point critique.

Source:Eurosport

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Publié dans SAISON 2007

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